Quand j’étais jeune, je vouais un culte infini à l’archipel nippon.
C’était l’humble pays victime des atrocités américaines. Il représentait un mélange de tradition et de modernité avec un code d’honneur, une faible criminalité, une société enthousiaste à tout produit technologique, des mangas pour tout le monde, des dessins-animés matures et (surtout) des jeux vidéo beaux et inventifs… Un vrai Otaque, quoi.

Maintenant me voilà à cracher sur Nintendo, à filer mon numéro de CB à Micro$oft, à mépriser la société machiste et hiérarchique mise en scène dans les animés, à maudire leur inaptitude à l’anglais et leur xénophobie insulaire.
Mais surtout, j’en viens à penser qu’ils ne comprennent plus rien aux jeux vidéo.

Soleil Couchant
Argumentons directement. Pas besoin de long détours et de débauche de syntaxe pour un sujet aussi polémique: j’ai l’impression que les japonais ont tout simplement peur du marché mondial et payent un excès de prudence et de protectionnisme.
J’en veux pour argument les exemples suivants :

  • Zonage des jeux vidéo à l’époque de la mondialisation.
  • Jeu en ligne frileux et peu pratique à l’image des fastidieux Codes Amis de Nintendo.
  • Suites à rallonge sans intérêt (Tekken, DOA, Resident Evil, Devil May Cry, MGS) mettant en avant un déficit de créativité.
  • Gestion catastrophique du marché européen, et plus généralement des relations publiques (la pouffe de chez Nintendo US, comme les timbrés de chez Sony).
  • Tentative d’imposer des formats comme l’UMD, alors qu’une bonne moitié des possesseurs de PSP piratent et jouent sur Memory Stick.
  • Mépris des éditeurs tiers, surtout étrangers, en les forçant à vendre leur jeux plus cher en leur filant les kits de développement en retard.

Alors oui, j’ai complètement vendu mon âme à Bill Gates (à 500 euros j’ai fait une affaire, croyez-moi). Mais la simplicité, la convivialité, et la maturité du Xbox Live, contre le WiFi pénible de la DS et la zone de non-droit qu’est devenue le jeu en ligne me sidère. Des partis pris comme la police Spiderman sur un gaufrier, ou le mime maladroit des produits immaculés Apple restent loin de ma compréhension.

A l’heure de la globalisation et des pays émergents, les grandes sociétés japonaises du jeu vidéo (Sony, Nintendo, Capcom, ou Konami) vont bientôt payer leur autarcie. Et, à mon sens, les premiers signes sont déjà visibles dans la mise en place de cette nouvelle génération de consoles. Il ne manquerait plus que les chinois sortent la leur, pour les laisser définitivement sur le carreau.