Une séquence pornographique est cachée dans cette publicité. La trouveras-tu ?

Rentrons finalement dans le coeur du sujet. La Game Boy Camera permet de prendre des photos (j'avais oublié de le dire la dernière fois). Enfin de photos, entendons-nous, il s'agit plutôt de timbres postes de 110 pixels par 80, en 4 niveaux de gris. Bien sûr ça ne fait pas lourd, d'accord d'accord, mais c'est bien plus riche qu'il n'y paraît de prime abord.

Déjà, les possibilités de prise de vue sont nombreuses : réglage du contraste, de la luminosité, inversion horizontale, verticale, déformante de l'image, vignettage de l'écran (qui peut être splitté en quatre maximum, répétant un même cliché, ou des prises de vue successives), retardateur, prise de vue panorama (le logiciel affiche le bord de l'image précédant pour réussir des raccords), possibilité de prendre de courtes vidéos (muettes) en minutant les prises de vue. Le tout complété de diverses options de modifications, de dessin, de quelques tampons, vous avez un micro-laboratoire de purikula (en moins drôle).
Pour une fois, Mario n'a pas été chiche, c'est foisonneux jusqu'au foutraque, mais ça j'en ai déjà parlé.
Mais oui, ok, 110 x 80 pixels. 8 800 pixels, en 4 niveaux de gris. Quel intérêt quand tous les appareils photos numériques en ont plusieurs millions, en couleurs ? Restez, je vous en ai trouvé un. Un bon.

Toujours aussi inspirés, vous avez vu comment les génies marketing de Nintendo ont nommé l'intérêt du machin dans leur publicité : la funtography. Sic. J'aurais vu la pub avant d'en avoir un, jamais je n'en aurais acheté ; et maintenant que j'en utilise, "fun" est bien le dernier mot qui me vient, tellement le logiciel est pénible (au fait, je vous ai dit que la musique était insupportable ? Non ? Décidément...). Ce n'est absolument pas "fun", c'est à l'inverse laborieux au possible (pour les prendre, pour les récupérer sur l'ordi, ah tiens, il faudrait en parler de ça), souvent pour des résultats décevants mais tout de même, parfois, jolis.... Ah ah, je sens que vous êtes de connivence avec moi là.

Vous avez compris où je voulais en venir !

La Game Boy Camera, ce n'est pas fun, c'est hype !

Et oui, tutafé !

Car c'est exactement le credo de la lomographie ! Ah ah !

Oh.
D'accord.
Oui, pardon.
J'arrête de crier.
Et pour les deux du fond, toujours les mêmes (après on prétend que je dis pas les choses), je rappelle que la lomographie est un mouvement photographique tirant son nom de la marque (Lomo) des appareils soviétiques que les "lomographes" utilisent. Ces appareils sont d'assez mauvaise qualité, et ils sont justement utilisés pour cette raison : les "limites" techniques de l'appareil seraient autant de signes d'une (soi-disant) prise de distance par rapport aux canons (soi-disant) castrateurs de la photographie (les contrastes, le sujet, le cadrage, etc.).
Un de leurs mottos est justement qu'à l'inverse d'un appareil numérique récent, très coûteux, mais dont la plupart des clichés est destinée directement à la corbeille, un Lomo est un appareil rudimentaire et bon marché mais qui produit des photos précieuses, uniques (du fait des "règles" contournées et de l'originalité des clichés - effet tunnel sur les bords de l'image, saturation des couleurs en utilisant un autre réactif au moment du développement, objectifs spéciaux, genre le fisheye).

Je ne vous cacherai pas que je suis très influençable et que depuis que j'ai lu cette formidable critique, la lomographie, j'aime moins ; mais que, par contre, la Game Boy Camera, j'aime d'autant plus, car elle ne coûte en effet que deux sous (contrairement aux Lomos désormais vendus à prix d'or), et qu'elle applique finalement à la lettre les principes de la lomographie.

Tellement que je me demande si ce ne sont pas les lomographes qui ont chippé le vieux slogan de la Game Boy ("Et vous, où jouez-vous avec le vôtre ?") pour en faire trois de leurs règles d'or ("Prends ton Lomo où que tu ailles", ""Utilise-le tout le temps - jour et nuit", "La lomographie n'interfère pas avec ta vie, mais en fait partie").