
Si exécuter sa mission sans poser de questions est une grande qualité pour un soldat, les shmups (pour shoot’em up, jeux de tir) attendent manifestement des joueurs qu’ils soient des combattants exemplaires.
Seul aux commandes de son vaisseau, sur une rampe de lancement voire déjà en vol, aussitôt dans le feu de l’action, il est souvent déjà trop tard pour s’interroger sur les motifs voire même sur la nature de ses objectifs, et la cadence nourrie des tirs ennemis ne ménage pas le temps de s’en préoccuper.
C’est au point que non seulement on détruit parfois un ennemi sans connaître son identité mais que, pire encore, on peut ignorer jusqu’à celle de son camp : j’ai longtemps cru que Darius (Taito, 1986) et Nemesis (le nom de la planète Gradius dans certaines adaptations occidentales du jeu de Namco) étaient des objectifs militaires. Grave erreur, c’est à chaque fois la planète d’origine des pilotes du Silver Hawk et du Vic Viper.
Spontanément, on a pourtant du mal à s’identifier au roi perse ou à la terrible déesse de la vengeance, impitoyable personnification de la colère. Et avec de telles connotations, difficile aussi de conserver le sentiment confortable de la légitime défense.






Symbole de la dégénérescence du jeu vidéo, Angry Birds est aussi passionnant que le lancer des boulettes sur des pyramides de canettes vides tout en ayant les yeux bandés


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