
GUNGRIFFON The eurasian conflict… C’était bien, c’était il y a près de quinze ans et c’est un des rares souvenirs marquants que m’ait laissés la Saturn. On y pilotait un mécha massif, le HIGH-MACS, en pleine troisième guerre mondiale. La 3D avait beau être rudimentaire, même pour l’époque, le jeu possédait un puissant pouvoir d’immersion, provenant à la fois de la vue subjective, de la complexité (relative) des commandes et d’un futur proche à la géopolitique funeste mais crédible.
Réchauffement planétaire, crises énergétique et alimentaire… Les causes du conflit paraissent
encore plus solides aujourd’hui qu’à l’époque. Le jeu renouvelait aussi les alliances continentales : l’APC (Communauté
Asie-Pacifique comportant notamment le Japon et la Chine) s’opposait à une coalition UAC (union des deux Amériques)/PEU (Europe élargie jusqu’à la Russie), tandis que la fédération continentale africaine (OAU) prenait les coups.
Si le contexte était donc très bien planté, le déroulement même de la guerre paraissait moins clair, et le verso de la boite du jeu n’aidait pas : si le texte français nous incorporait dans « la 45ème division blindée, l’unité de combat d’élite de la légion étrangère » de l’UAC (Pays Unis d’Amérique), les cinq autres langues dont l’anglais plaçaient le joueur dans le camp ennemi, l’APC (« a leading commander of the Asian Pacific Community’s army »).
En 1996, il était plus tentant de blâmer les rédacteurs occidentaux (la médiocrité des boites et des manuels des jeux Saturn étant proverbiale) que de déceler une escroquerie. On a eu tort.